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Chambord : les mariniers fêtent les 500 ans du début du chantier du château

leparisien.fr

Jusqu’à ce vendredi, des mariniers retracent le parcours historique des pierres de tuffeau, utilisées pour la construction du château au XVIe siècle.

À l’ombre des peupliers, les bateaux à fond plat quittent doucement l’embarcadère de Rochecorbon (Indre-et-Loire) et glissent sur l’eau. Posé sur le portant d’une toue, embarcation traditionnelle de la Loire, un bloc de tuffeau de 60 kg contemple la rive. Il symbolise les 500 ans du lancement du chantier de construction du château de Chambord (Loir-et-Cher).

Comme il y a cinq siècles, les mariniers doivent mener à bon port la cargaison. Le 6 septembre 1519, la nomination par François Ier d’un superintendant pour les travaux de Chambord marque le début d’un colossal chantier qui aboutira au dernier château royal du Val de Loire. Pour la fourniture et le transport des matériaux, toute la région est mise à contribution.

« Nous nous sommes basés sur des documents d’archives, les contrats d’engagement de marchands nautoniers chargés du transport des quartiers de pierre de Bourré (carrière d’extraction du tuffeau dans le Loir-et-Cher) sur la Loire. Nous retraçons le parcours historique des pierres de 1529 à 1534, entre Tours (Indre-et-Loire) et Saint-Dyé (Loir-et-Cher), port historique du domaine royal. Les mariniers empruntaient à l’époque le même chemin », explique Virginie Berdal, historienne au château.

Un véritable défi pour les cinq associations de mariniers de la Loire, la Rabouilleuse, Boutavant, Millière Raboton, Observatoire Loire et les Marins du port de Chambord qui forment ce train exceptionnel de bateaux.

« À l’époque, ces expéditions s’effectuaient plutôt au printemps ou à l’automne. C’est difficile car la Loire est extrêmement basse en ce mois de septembre », analyse Gildas Véret, navigateur sur la Loire. « Il a fallu soigneusement préparer les passages sous les ponts en amont. À chaque fois, plus d’une vingtaine de personnes nous attendaient sur les chemins de halage pour nous aider. Autrefois déjà, les ouvriers dormaient sous les ponts et guettaient les bateaux pour les faire passer. C’était leur gagne-pain. »

Devant le château d’Amboise, face au soleil couchant et à ses tons orange et violet, les hommes, bras nus, pieds dans l’eau, tirent les bateaux avec des cordes alors que les mariniers poussent sur le fond à l’aide de bourdes, de grandes perches de bois de plusieurs mètres. Appareil photo ou smartphone en main, les curieux massés sur le bord de l’un des derniers fleuves sauvages d’Europe immortalisent la scène.

« On redécouvre la Loire, trop longtemps oubliée »

« Quelle chance d’assister à cela ! » s’enthousiasme Betty, une Américaine venue avec son mari du Connecticut faire du camping dans la région. Brigitte et Claude, eux, ont fait le déplacement de Cangey, une commune toute proche. Attablés à la terrasse d’un bar cocktail, ils sont aussi aux premières loges pour assister à ce spectacle gratuit.

(Christian Panvert, correspondant à Chambord (Loir-et-Cher) – leparisien.fr)

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